Sur le banc des parties civiles, une famille marocaine victime d'une agression raciste en décembre 2005.
© France 3A la barre du tribunal correctionnel de Lille, ils sont huit prévenus. Cinq hommes et trois femmes. Dont deux gendarmes-adjoints, aujourd'hui révoqués. Ce qu'on leur reproche ? Une agression à caractère raciste, à l'encontre d'une famille d'origine maghrébine. C'était dans la nuit du 10 au 11 décembre 2005. Ce soir-là, le groupe de jeunes (ils avaient entre 19 et 23 ans) passe la soirée dans le logement de fonction de Kévin V., gendarme-adjoint à Lesquin. "On a bu deux packs de 48 bières et une bouteille de vodka", racontera l'un d'eux aux enquêteurs. " Et puis on a décidé de partir "faire une ratonnade", confessera un autre.
L'équipée part avec deux voitures : les hommes dans l'une, les femmes dans l'autre. Ils tournent pendant près de deux heures, avant de trouver leurs victimes, à Faches-Thumesnil. Il est alors un peu plus de deux heures du matin. Saïda B. sort d'une fête de fiançailles avec ses deux filles, ses deux soeurs, sa mère et sa nièce. "On a repris la voiture, et arrivées à un stop, une voiture nous a barré la route. Trois hommes sont sortis, dont un cagoulé. Ils nous ont traité de "sales bougnoules", crié "vous n'avez rien à faire dans ce pays"." Et un déluge de violence raciste s'abat sur leur voiture : jet de cannettes, coups de batte de base-ball sur le pare-brise et la carosserie. La mère de Saïda, agée de 68 ans, a le visage ensanglanté par les bris de verre. Elle en porte encore les cicatrices aujourd'hui. Devant les juges, près de quatre ans plus tard, les agresseurs font profil bas. Ceux qui les accompagnaient et n'ont rien fait, aussi.
"Cette idée de sortie avait certes était programmée, mais ils n'avaient jamais imaginé que ça irait jusque là, explique Me Dalila Dendouga, avocat d'une prévenue. Ils n'imaginaient ce que ça pouvait être, concrètement, la matérialisation de la haine contre l'autre."
A l'audience, les huit prévenus se sont excusés. Des excuses qui n'ont pas convaincu la famille agressée. " Il faut quand même savoir que, après avoir agressé ces femmes dans leur voiture, l'un des prévenus n'a rien trouver de mieux que de faire un salut hitlérien pour les saluer.", rappelle Me Guillaume Demarcq, l'avocat des victimes.
De fait, le procureur a requis des peines lourdes, allant de un à deux ans de prison ferme à l'encontre des prévenus. Le jugement sera rendu le 9 décembre prochain.
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